Histoire de la commune

Histoire de la commune

Des origines à la formation de la commune

La région de Laval a été successivement occupée par les Phocéens, les Celtes, les Gaulois et les Romains. Implantés sur la voie Régordane — tronçon cévenol de la route reliant l’Île-de-France au Bas-Languedoc —, les premiers hameaux apparaissent progressivement dès le Ve siècle entre Rouvergue et Gardon avec Laval et Trouillas, suivis à partir du XIIe siècle par le Mas Dieu puis le Pradel.

Tout commence véritablement avec la grande paroisse de Saint-Andéol de Trouillas qui englobait à l’époque de Louis XIV les hameaux de Laval, Cadacut, Saint Pierre du Masdieu, Cassagnettes, Cassagnes, Malbosc, Le Mazel, Ribes, l’Arbousse, les Salles du Gardon, Le Pradel, Le Pontil, Pluzor, les mas de Pourquairargues, de Jouvenargues, des Oules, de Lascours, le château de Trouillas ainsi que nombre de métairies.


La légende de Notre-Dame de Laval

Au XIIe siècle, des bénédictins de Villeneuve-lès-Avignon voulurent construire une chapelle au lieu-dit du Fesc, près du Gardon. Le lendemain du dépôt des matériaux de construction, tout avait mystérieusement disparu : le matériel se retrouva plus haut dans la montagne, sans que personne ne sache pourquoi. Les moines décidèrent alors de bâtir l’église à l’endroit précis où les matériaux avaient été retrouvés — un sanctuaire de style roman dédié à la Vierge, d’où le nom de Notre-Dame de Laval.

En 1854, le choléra se faisant menaçant aux environs d’Alès, le curé de la ville organisa un pèlerinage à Notre-Dame de Laval le 5 octobre. Plus de 10 000 personnes participèrent à ce cortège de 3 kilomètres de long. Ce geste de dévotion, selon la tradition, aurait épargné la ville d’Alès.


Les Camisards et les guerres de Religion

Le château de Trouillas, dont il ne reste que quelques pans de murs et des caves intactes, fut le théâtre de combats entre les rudes camisards protestants et les troupes royales. Joany, chef camisard, y employa la ruse : déguisé en soldat royal, il pénétra au Pradel avec 700 rebelles. Comme il était bien monté et coiffé d’une perruque, les habitants s’avancèrent sans méfiance : Joany fit faire une décharge qui tua 20 personnes. Il avait déjà fait massacrer 7 personnes à Saint-Andéol de Trouillas le 24 avril 1703.


L’affaire Tubeuf et la bataille des mines (1784)

Fort d’une autorisation royale, Pierre-François Tubeuf obtient le droit d’exploiter toutes les mines aux alentours d’Alès, contraignant les petits exploitants à céder leurs concessions. Sous l’impulsion du marquis de Castries, une résistance s’organise. Le 21 mai 1784, un combat éclate à Saint-Andéol : Jacques Delezon, Antoine Favède et Jean Soustelle s’opposent à Tubeuf, qui y perd un œil. Un arrêt du 29 décembre 1786 dépossède Tubeuf des mines au profit de Castries. Ruiné et amer, Tubeuf quitte les Cévennes pour tenter sa chance en Amérique, où il est assassiné par des Indiens en mai 1795.


La commune moderne

À la Révolution, les paroisses de Saint-Andéol, Saint-Pierre du Mas Dieu et Laval deviennent des communes. Le 2 février 1825, le roi Charles X signe l’ordonnance réunissant Saint-Andéol-de-Trouillas, le Mas-Dieu et Laval en une seule commune, avec Laval pour chef-lieu. C’est par un décret du 11 août 1937 que la commune prend son nom définitif de Laval-Pradel. Elle intègre la communauté de communes du Pays Grand-Combien en décembre 2000 avant de rejoindre Alès Agglomération en décembre 2016.


L’épopée minière

De la fin du XVIIIe siècle à la fin du XXe, la commune a connu 200 ans de prospérité grâce à l’agriculture (élevage, châtaigniers, vers à soie) et surtout la mine de charbon : puits de Laval, du Mas Dieu, du Pontil, de Mercoirol, criblage du Mazel. Le premier puits du Pontil est creusé en 1866, le puits de Castelnau équipé en 1907.

Le 18 décembre 1958, une tragédie frappe la commune : neuf mineurs périssent dans un coup de grisou au puits de Castelnau. Une stèle leur rend hommage. L’exploitation cesse en 1963 avec le remblaiement des puits et le démontage des chevalements.

On pouvait observer autrefois, sur le chemin menant au Mas-Dieu, une ancienne usine de transformation de la houille, impressionnante par la hauteur de ses cheminées et de ses tapis roulants, aujourd’hui disparue. La « Découverte », mine à ciel ouvert, a marqué le paysage de Laval.

Lors de sa création, la population comptait environ 1 200 habitants. Avec l’exploitation minière, elle dépassera progressivement 2 200 âmes (pic en 1954) pour finalement revenir à 1 125 habitants au recensement de 2023.

Vue historique de Laval-Pradel

La Résistance

Durant la Seconde Guerre mondiale, les nombreux mas isolés de la commune ont abrité des résistants et maquisards, ravitaillés par les habitants des villages et des hameaux. Les collines boisées et les sentiers discrets offraient un refuge naturel aux combattants de l’ombre.


Le saviez-vous ?

Le village de Laval et son cimetière ont servi de lieu de tournage du film Suzanne de Katell Quillévéré (2013), avec Sara Forestier et François Damiens.


Liste des maires successifs depuis le XXe siècle

MaireMandat
Joram Laupies1896–1904
Gustave Constant1904–1905
Auguste Quet1905–1912
Camille Blanc1912–1919
Louis Marion1919–1925
Henri Larguier1921–1936
Odilon Paradis1936–1940
Henri Larguier1946–1970
Jean Stec1970–2002
Charles Fages2002–2008
Yves Baldit2008–2014
Joseph Barba2014–en cours

Pour en savoir plus

Découvrir Saint-Andéol de Trouillas (geneal30.free.fr)

Laval-Pradel sur Wikipédia